Context of the International Cooperation Project Between Belgium and Tora Torapa#

[FRENCH below]

Tora Torapa is an island where, despite hardship, people still nurture dreams of freedom. Music, dance, and humor endure as the last strongholds of a collective spirit that refuses to fade. Though connected to the world, the island remains deeply isolated, overly dependent on imports for food, energy, and material goods. The economy is stagnant, and once-thriving sectors like education and healthcare are rapidly declining. Food and energy are scarce, their prices skyrocketing beyond the reach of most. Frequent and unpredictable power outages push Tora Torapa into a state of latent chaos, where each day is a struggle for basic needs.

At the local university, Alfredo, a physicist, watches helplessly as the island’s young talents flee in search of better opportunities. Determined to prevent his country from losing its youth, he turns to international collaboration, seeking to build bridges and foster solidarity. He reaches out to us in Belgium, halfway across the world. Science, with its methodology, offers a path to create common good and strengthen bonds between peoples. But where to begin? We need a unifying challenge—a project to rally our efforts.

The bay surrounding Alfredo’s city is severely polluted. Industrial waste and sewage pour into its waters, causing eutrophication that disrupts marine ecosystems. Fishermen see their resources dwindle, and tourism, once a thriving industry, is in decline. Faced with this crisis, how can we act? What resources can we mobilize? What leverage do we have over this problem?

In Belgium, cooperation projects already exist. With a budget of a few hundred thousand euros and the possibility of hiring doctoral researchers to Tora Torapa, we can act on two fronts: raising awareness among local stakeholders—municipalities, fishermen, port industries—and strengthening research capacities at the University of Tora Torapa. The idea of a Fab Lab, a digital fabrication laboratory, emerges as a promising solution. With its machines and techniques, it could enable the design and production of almost anything locally. However, in a context where importing materials is difficult, we must prioritize basic, robust, and versatile tools that can operate autonomously once initial funding ends.

This Fab Lab must be resilient, designed to sustain itself with limited external resources. We need to identify and address all dependencies—material, social, ecological, or cultural—that could threaten its operation. Every action will have consequences, both positive and negative, which we must anticipate to guide our intervention effectively.

The water quality in the bay is notoriously poor, but to what extent? Can we measure it? Can we trace its origins? Currently, analyses are rare, localized, and expensive, conducted in labs with limited resources. To gain a dynamic understanding of pollution, the Fab Lab could produce low-cost measurement buoys capable of transmitting real-time data on key indicators like pH, temperature, and conductivity. A low-cost microscope would allow on-site study of microscopic life, while a spectrophotometer could detect bioindicators, such as chlorophyll-A, to assess eutrophication levels. Beyond their scientific utility, these tools could also serve to engage local communities through workshops and collective maintenance efforts.

Yet the water issue extends beyond the bay. In Tora Torapa, tap water is often unsafe to drink and must be filtered once or twice, sometimes using rudimentary methods. After storms, building cisterns easily become contaminated, and frequent power outages prevent pumps from functioning, making cooking and daily life even more challenging. Problems compound: fertilizer shortages, irrigation difficulties in agriculture… In such a precarious economic and logistical context, water-related challenges are numerous and urgent. How can we address them, and where do we start?


[FRENCH] Contexte du projet de coopération international entre la Belgique et Tora Torapa :#

Tora Torapa est une île où un peuple, malgré l’adversité, cultive encore le rêve de liberté. Ici, la musique, la danse et l’humour résistent comme les derniers bastions d’une âme collective qui refuse de s’éteindre. Bien que connectée au reste du monde, l’île reste profondément isolée, dépendante — trop dépendante — des importations pour son alimentation, son énergie et ses biens matériels. L’économie du pays est à l’arrêt, et les fleurons d’autrefois, l’éducation et la santé, s’effritent à vue d’œil. Les denrées alimentaires et l’énergie se raréfient, leurs prix devenant inaccessibles pour la majorité de la population. Les coupures d’électricité, prolongées et imprévisibles, plongent Tora Torapa dans un chaos latent, où chaque jour est une lutte pour les besoins les plus élémentaires.

À l’université, Alfredo, physicien de formation, assiste, impuissant, à l’exode massif des jeunes talents de l’île, partis chercher ailleurs un avenir plus prometteur. Refusant de voir son pays se vider de sa jeunesse, il se tourne vers l’international, cherchant à tisser des ponts et à créer des solidarités. C’est ainsi qu’il nous contacte, depuis la Belgique, à l’autre bout du monde. La science, par sa méthodologie, offre une voie pour construire du bien commun et renforcer les liens entre les peuples. Mais par où commencer ? Il nous faut un défi, un projet fédérateur autour duquel unir nos forces.

La baie qui entoure la ville d’Alfredo est gravement polluée. Les rejets industriels et les égouts y déversent leurs déchets, provoquant une eutrophisation qui déséquilibre l’écosystème marin. Les pêcheurs voient leurs ressources s’amenuiser, et le tourisme, autrefois florissant, décline. Face à cette crise, comment agir ? Quels moyens mobiliser ? Quelle prise avons-nous sur ce problème ?

En Belgique, des projets de coopération existent déjà. Avec un budget de quelques centaines de milliers d’euros et la possibilité d’engager des doctorants sur place, nous pouvons agir sur deux fronts : sensibiliser les acteurs locaux — municipalité, pêcheurs, industries portuaires — et renforcer les capacités de recherche à l’Université de Tora Torapa. L’idée d’un Fab Lab, un laboratoire de fabrication numérique, émerge comme une solution pertinente. Grâce à ses machines et techniques, il serait possible de concevoir et produire presque tout sur place. Mais dans un contexte où l’importation de matériel est difficile, il faudra privilégier des outils de base, robustes et polyvalents, capables de fonctionner de manière autonome une fois le financement initial épuisé.

Ce Fab Lab devra être résilient, conçu pour perdurer sans dépendre de ressources extérieures. Il faudra identifier et rendre visibles toutes les dépendances — matérielles, sociales, écologiques ou culturelles — qui pourraient fragiliser son fonctionnement. Chaque action aura des conséquences, positives ou négatives, qu’il nous faudra anticiper pour orienter notre intervention.

La qualité de l’eau dans la baie est notoirement mauvaise, mais dans quelle mesure ? Peut-on la mesurer ? Peut-on en comprendre les origines ? Actuellement, les analyses sont rares, localisées et coûteuses, réalisées en laboratoire avec des moyens limités. Pour obtenir une vision dynamique de la pollution, le Fab Lab pourra fabriquer des bouées de mesure low-cost, capables de transmettre des données en temps réel sur des indicateurs clés comme le pH, la température ou la conductivité. Un microscope low-cost permettra aussi d’étudier la vie microscopique sur place, tandis qu’un spectrophotomètre aidera à détecter des bioindicateurs, comme la chlorophylle-A, pour évaluer le niveau d’eutrophisation. Ces outils, au-delà de leur utilité scientifique, serviraient aussi de supports pour sensibiliser les communautés locales, à travers des ateliers ou des actions de maintenance collective.

Mais la question de l’eau ne se limite pas à la baie. À Tora Torapa, l’eau du robinet est souvent impropre à la consommation et doit être filtrée une, voire deux fois, avec des moyens parfois rudimentaires. Après un orage, les citernes des immeubles se contaminent facilement, et les coupures d’électricité répétées empêchent les pompes de fonctionner, rendant la cuisine et la vie quotidienne encore plus difficiles. Les problèmes s’enchaînent : manque de fertilisant, difficultés d’irrigation en agriculture… Dans un contexte économique et logistique aussi précaire, les défis liés à l’eau sont nombreux et urgents. Comment y répondre, et par où commencer ?